La thalidomide n’est pas un mutagène humain

La thalidomide n’est pas un mutagène humain

Éditeur — En 1994, McBride a rapporté deux cas d’enfants malformés nés de pères atteints d’embryopathie à la thalidomide.1 Dans le premier cas, l’enfant avait deux frères non affectés et, dans le cas 2, l’enfant avait un frère ou une sœur plus âgé et non affecté. McBride a suggéré que la thalidomide pourrait être (le premier) mutagène des cellules germinales humaines. Cette affirmation a été contrée par plusieurs répondants, mais plusieurs tabloïds ont épousé la cause des prétendus cas de deuxième génération d’embryopathie à la thalidomide.2,3 Suite à ces échanges, une base de données expérimentale exhaustive sur la mutagénicité a été publiée, indiquant que la thalidomide était dépourvue d’activité mutagène4. Stromland et ses collaborateurs ont mené une étude rétrospective des 88 Suédois enregistrés avec l’embryopathie de la thalidomide entre 1959 et 1963. Quarante-six d’entre eux étaient les parents d’un patient. Au total, 86 enfants et 34 des parents ont accepté de participer à l’étude. Cela a permis de faire référence à 64 enfants: 29 filles et 35 garçons. Cinq des enfants avaient des parents avec une embryopathie à la thalidomide, 23 avaient une mère avec une embryopathie à la thalidomide et 36 avaient un père avec une embryopathie à la thalidomide. Les césariennes étaient fréquentes, en partie à cause de malformations pelviennes et utérines induites par la thalidomide. Mais des anomalies et des anomalies fonctionnelles caractéristiques de l’embryopathie à la thalidomide n’ont pas été observées chez ces 64 enfants. Stromland et al. Ont noté que l’utilisation d’une population aussi faible ne permet pas de réfuter l’effet mutagène de la thalidomide; cela indique seulement qu’il n’y a pas de support pour un tel effet dans cette population spécifique. Les données de Stromland et al renforcent donc la perception majoritaire actuelle selon laquelle la thalidomide n’est pas un mutagène humain.