The Lost Prince

The Lost Prince

BBC 1, 19 et 26 janvier à 8h30   pm. Note:   ★ ★ ★ ★ L’éminent écrivain Stephen Poliakoff a sorti un lapin royal du chapeau de l’histoire pour cette série en deux parties. Il raconte l’histoire vraie, mais incroyable, du prince John (1905-1919), le plus jeune fils du roi George V et de la reine Mary, qui a développé une épilepsie et un trouble envahissant du développement, et qui avait un trouble d’apprentissage. L’embarras royal signifiait que l’existence et l’état de John étaient cachés. Son cas soulève des questions fascinantes. Quel était le degré de connaissances médicales et sociales il y a 100 ans concernant les troubles neuropsychiatriques chez les enfants? Qu’avons-nous appris depuis lors? Quand John a eu sa première saisie en 1910, la médecine ne faisait que sortir des âges sombres en ce qui concerne la neuropsychiatrie. Aucun des troubles envahissants du développement, tels que le syndrome d’Asperger (dont les caractéristiques sont évidentes dans la présentation théâtralisée de John), n’a été décrit (cela prendra encore 40 ans).L’épilepsie était bien connue, mais relativement non classifiée. L’évaluation a été purement par l’observation et la gestion limitée. Un traitement pharmacologique efficace de l’épilepsie devrait attendre les progrès consécutifs à la seconde guerre mondiale. Témoin quelqu’un dans les affres d’une convulsion tonico-clonique a été pensé pour être psychologiquement dommageable pour l’observateur et les médecins ont donc conseillé l’isolement social du patient. La connaissance de l’intelligence et son évaluation n’en étaient qu’à leurs balbutiements. Poliakoff présente un récit douloureux, joliment filmé et marqué, d’un garçon totalement à la merci de l’ignorance médicale et sociale. Paradoxalement, le haut rang de John, dans le monde étouffé de la société royale post-édouardienne, semble l’avoir privé de soins adéquats. L’attachement de ses parents à lui était superficiel, leurs rencontres avec lui étaient brèves et peu fréquentes. Seul son frère aîné George (le futur duc de Kent) et son infirmière dévouée le croyaient et le soutenaient. Pourquoi? On peut tenter une réponse en comparant le cas de John avec celui de son cousin germain, Tsarevich Alexis (1904-18), dont Poliakoff s’entrelace avec celle de ses parents et soeurs condamnés comme une intrigue lyrique des principaux événements. Les deux garçons avaient des maladies potentiellement mortelles, mais tandis que John était caché, l’hémophilie d’Alexis devint une préoccupation centrale de la nation russe. Cela ne peut pas s’expliquer simplement par des différences culturelles, ni par le fait qu’Alexis était l’héritier du pouvoir absolu. C’est principalement parce que, tandis que le cours de toute la maladie est imprévisible, la maladie mentale provoque un comportement imprévisible. Sous cette réalité se trouve un ensemble de croyances superstitieuses (de possession démoniaque et ainsi de suite) qui attachent la maladie mentale au fléau de la stigmatisation, qui se rapporte encore aujourd’hui. Surtout, cette série est un témoignage émouvant de la puissance de l’individualité humaine. Cela nous rappelle que la différence est une force humaine quintessencielle, révélée chez les plus jeunes, les plus incapables, dans notre société. Si seulement nous pouvons le chercher et le valoriser.